Jeudi 2 avril 2009
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A l’heure de quitter cette ville, je comprends mieux pourquoi tant de gens
en tombent follement amoureux. C’est qu’on n’a pas vraiment l’impression de se trouver dans une mégalopole, alors que c’en est une. La ville est construite autour des “morros”, ces petites
collines caractéristiques, et zigzague allègrement entre les montagnes à la végétation luxuriante et les plages d’Ipanema, Copacabana ou Botafogo. Le Chrit Rédempteur surveille tout ça perché sur
son Corcovado et le pain de sucre en fait autant de l’autre côté.
Envie de plonger? Il n'y a qu'à prendre un bus ou le
métro et on se mêle à une foule métissée et debridée. Le métissage de couleurs est plus visible ici qu’à São Paulo, en tous cas au centre de la ville.
São Paulo, comme beaucoup de grandes cités, a laissé la pauvreté à sa porte et les favelas se trouvent à sa périphérie. A Rio, point de tout ça. La pauvreté la plus immense
côtoie la richesse la plus énorme! Les coins de terre délaissés sur les morros sont occupés par les favelas qui s’étirent parfois à perte de vue. Et pourtant cela
fonctionne. La richesse se montre, la pauvrete aussi. C’est comme une fatalité que tout le monde accepte. Un peu dur pour mon esprit d’accepter
cette réalité, mais c’est comme ça.
Ce mélange des origines et des classes sociales dans Rio est aussi très propice à la
création artistique et culturelle, tout comme la plage est un lieu de vie incroyable. Difficile d’imaginer les gens à la sortie du boulot qui vont se taper un petit foot de plage, mais ça se
passé comme ça ici! Le culte du corps est également bel et bien présent. Les hanches se dandinent, les pectoraux se gonfflent, l’huile solaire coule à flot, caipirinhas,
cocos fraîches et bières de toutes sortes sont de sortie sur les terrasses du bord de mer.
Je déambule ainsi dans ce “gloubi boulga” de personnes et de lieux
et reste scotché devant bien des tags qui ornent les quartiers de Lapa et Santa Theresa. Se promener dans ces coins est delicieux et je me prend à gribouiller quelques mots:
Ici c’est le choc
Des voix des musiques des moteurs
Sur le morro le toc toc
Du bonde (tram) qui cliquete.
A gauche à droite
A chaque fois un nouvel horizon qui s’ouvre
Favela par ci favela par là
On ne se lasse pás de sentir vraiment là.
Santa Theresa,
Une fenêtre sur le monde
Et c’est l’esprit qui vagabonde
Graffitis tags et fresques
Ici on ne passe pas on s’arrête
On s’évade on observe et on reste
3 secondes, 5, 10 minutes ou Presque.
Santa crew
Tu laisse ta trace et suscite l’audace
Des âmes vagabondes qui se prélassent
Sur les murs les bombes se lâchent
Et reflètent un réel parfois bel et bien trash...
La qualité des écoles publiques est apparemment et de
façon unanime déplorable selon tous les temoignages de Brésiliens que j’ai entendus depuis que je suis arrivé.A Rio les profs n’ont pas été payés depuis 3 mois... La priorité de “Lula”
quand il est arrivé au pouvoir était de donner à manger aux gens qui mourraient de faim. Jusqu’ici, personne ne s’était occupé de ce problème qui est plus important que celui de l’éducation. Mais
d’un autre côté subsite, et se développe même, un systeme éducatif non pas à deux vitesses, mais à 50 vitesses!!! L’école est une marchandise, la santé aussi.
Faites votre choix! Ceux qui n’ont pas d’argent sont laissés sur le bord du chemin. Il existe des supermarchés qui ne vendent que des produits pharmaceutiques! Aucun médicament
n’est gratuit. Imaginez…
Une majorité de Brésiliens vit donc dans l’ignorance la
plus grande et ne sait ni lire ni écrire. Les gouvernants se plaignent de l’insécurité et font peur aux gens pour gagner les élections en organisant des “sorties” dans les favelas à 200 ou 300
flics qui flinguent 5 ou 6 pseudos traficants, saisissent des plants de cannabis ou des labos de raffinement de coke, et montrent le tout à la télé en grandes pompes. Et
le tour est joué, les problèmes de l’éducation et de la santé sont deplacés... Simpliste comme analyse, mais à mon avis très réaliste.
Les Cariocas aiment faire la fête, les rues de Lapa se remplissent tous les
vendredis soirs d’une foule immense. Pour ceux qui s’en souviennent, c’est la “rue de la soif” en puissance 50! La samba et le “funk carioca” font rugir les enceintes des voitures et après avoir
connu quelques fiestas excellentes je laisse Rio sur une bien belle impression. La grande ville qui m’aura plu le plus de toutes celles que j’ai connues jusqu’ici... Ate mais...
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