Présentation

Réflexions de voyage...

Voyager c'est laisser ses repères quotidiens de côté pour s'ouvrir à la différence et partager ses connaissances en ôtant de nous la moindre once de jugement d'autrui que notre société nous a patiemment mais sûrement inocculée... C'est être sensible aux ressemblances qui font de nous une race unique sur terre : la race humaine...

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Jeudi 25 février 2010 4 25 /02 /2010 08:19
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Plus de photos dans l'album "Mozambique"!
Par VV - Publié dans : Mozambique
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Samedi 5 septembre 2009 6 05 /09 /2009 10:09

São Paulo


Bretagne


La Réunion

       En à peine 2 mois j'en aurais parcouru du chemin! Et aujourd'hui j'ai de nouveau posé mes valises sur cette île que j'aime tant. Le temps est venu pour moi de retrouver mes élèves, mes amis, le handball...
        Ce voyage aura été une aventure humaine et personnelle formidable et m'aura enrichi sans doute encore plus que ce que je n'imagine aujourd'hui. Je souhaite à tout le monde de pouvoir réaliser un jour un tel voyage, un voyage où on a le temps d'apprécier, d'observer, de s'émerveiller, de rire et de pleurer, de sentir son être qui vibre chaque jour qui passe... un voyage qui donne envie de croquer la vie à pleines dents...
        D'autres projets viendront, le blog n'est pas mort venez donc y faire un tour de temps en temps... Le corps s'arrête mais l'esprit vagabonde encore...
Portez vous bien!
Par VV - Publié dans : La Réunion
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Lundi 25 mai 2009 1 25 /05 /2009 22:20


       Les rencontres, la magie des lieux, la chance, le destin, c’est un peu tout ça qui m’a porté pendant ce temps passé dans le Nord du Brésil. En quittant Jericoacoara et ses dunes je n’ai qu’une vague idée de ce à quoi  ressemble le parc de Lençois Maranhenses. Mais je me doute que ses lagunes nichées dans ce désert doivent être remplies d’eau en cette saison de pluies nettement supérieures à la normale pour cette époque de l’année. C’est sur la route que je rencontrerai mes compagnons de fortune, Ezequiel et Alejandro, deux Porteños (habitants de Buenos Aires), motivés comme moi pour découvrir ce désert à moindre coût.



       Et tout s’enchaîne. Ces pêcheurs qui nous amènent un peu plus loin sur le fleuve « preguisas », autrement dit le fleuve des paresses… Tout un symbole ! Le rythme est lent. Très lent. Et l’on apprécie de glisser sur ces eaux aux reflets infinis. Notre équipage nous dépose et nous voici dans un autre monde. Des dunes de sable posées au milieu d’une forêt amazonienne. Et déjà des reflets, des couleurs, une ambiance de planète inconnue… Les moustiques nous souhaitent la bienvenue ; nous sommes du côté du fleuve où l’étendue de sable est plus réduite. Ce n’est que le lendemain que nous atteindrons la ville d’où nous commenceront notre périple. 


       Briffés par les habitants sur les lieux, les gens, et le chemin à suivre, nous voici en route pour une marche qui durera 5 jours. Le moral est soumis à rude épreuve. Chaleur, poids des sacs, solitude, cette randonnée est à faire à plusieurs personnes. Vital. Mais la récompense est là. Comme un rêve, les rencontres se succèdent dans ces paysages irréels où vivent des êtres humains heureux et dignes. L’élevage et la pêche sont des activité salvatrice là où la nature abreuve ses terres d’eau en abondance en hiver,  là où elle les assèche au plus chaud de l’été. Nous traversons des lagunes, des rivières, et nous rendons compte de l’avancée des dunes. Elles mangent chaque année quelques arbres vaillants et les régurgite quelques années plus tard, créant par la même des ambiances de fin du monde assez saisissantes. Les Britos ont été obligé de reconstruire leur maison. Ils s’attendent à devoir déménager de nouveau dans les prochaines années. Ils sont habitués.



       Une partie de dominos, une lune courageuse, des éclairs ravageurs, une tortue multicolore, une nuée de libellules, une petite fille des sables, un agneau égaré, un arbre flétri, un arc en ciel matinal, les images se succèdent et défilent devant nos yeux ébahis comme ce livre dont on ne connaît jamais la fin. Les quelques photos ne suffisent pas à retranscrire les émotions qui m’auront habitées pendant cette belle aventure, mais elles vous donneront une idée de ce que cela a pu être…



       Et puis j’ai continué ma route, jusqu’en Guyane. J’ai retrouvé des lieux que j’avais laissés un peu plus d’un an auparavant : Belem, Macapa, Oyapock, Kourou… Je suis en amazonie. J’ai atteint la destination que je m’était fixée. Evidemment j’ai encore eu l’impression de survoler le Brésil mais ce périple côtier fut de toute beauté et en appelle d’autres….. Comme toujours…



       Pendant ce temps là mon équipe fait des exploits. Je suis fier. Allez la JSB. Merci à ceux qui me lisent et me laissent des messages et à bientôt pour de nouvelles évasions…


Plus de photos dans la rubrique "Nord" à gauche!

Par VV - Publié dans : Bresil 2009
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Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /2009 17:01

Choc des cultures (mon coiffeur à Salvador)

      "Tu vois je vais t'expliquer la différence entre la France et ici. Moi j'ai un fils avec une Française, mais elle elle est rentrée vivre en France et ils habitent là bas maintenant. Depuis j'ai eu un autre garçon, et quand j'ai appelé j'ai dis "Dieu a donné un frère à notre enfant !!" Et elle m'a répondu "Ah non non non!! Dieu jamais!! C'est toi! C'est toi  qui lui a donné un frère!!"...
        Et puis après elle a dit que ce n'était pas un frère, car il n'avait pas la même mère. Moi je vous comprends pas : Vous êtes fous en France! Un "demi" frère? Mais ça existe pas! Tu as un frère ou tu n'en as pas! T'as déjà vu une femme "demie" enceinte toi?....."







Digne (le réceptionniste marocain de la pousada d'Olinda)
          
        "Moi je comprends pas. Chez moi au Maroc les gens ils vivent pas dans la rue comme ça. Ici il y des gens qui de faim ça me rend dingue."



Réaliste utopique (Dorge, à l'embouchure de la rivière Pitimba, Pernambuco)

" Ouais tu vois je suis parti habiter ici depuis un an et demi. Ici j'ai besoin de rien. Je pêche, j'ai mes poules, mon manioc, mes cocos, et puis surtout avec mon frère on est heureux, personne ne nous embête on est libres!!"





Génereux (Marcelo, patron du bar de Jacuma, au sud de João Pessoa)

        "26 ans que j'ai ce bar. Et je veux pas partir je suis trop bien ici. Regarde en face! Tu peux rester ici pour la nuit sans problèmes, je vais enlever ces tables et ces chaises et tu peux planter ta tente là, fais comme chez toi!"



Pleine de "saudades" (Maria, en WE à Genipabu, près de Natal)

       "C'était ici même le jour où je l'ai rencontré. Il est arrivé comme toi avec le sac à dos et ils s'est assis ici... C'était un Allemand. Avec ma copine on est venus le voir. Et puis il n'a jamais pris son bus. On l'a emmené visiter les dunes, la lagune, et il m'a emmené en Allemagne, j'ai visité l'Europe. C'était un rêve pour moi...Mais aujourd'hui c'est du passé tout ça... Pfffffffffff........."

(Plus de photos dans la rubrique "Nordeste" à gauche!)
Par VV - Publié dans : Bresil 2009
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Mercredi 22 avril 2009 3 22 /04 /2009 18:27

       Après une petite pause à São Paulo (photos dans l'album "Sao Paulo"), j'ai repris ma route vers le nord du pays et suis reparti d'Itacaré, ville bien connue des surfeurs. L'envie de remonter le littoral de la presqu'île de Marau m'est venue assez vite lorsque j'ai jeté un oeil sur la carte : M'attendent 60 km de pures plages bordées de nature vierge avec un point d'arrivée au nom évocateur : Barra Grande (la grande embouchure). C'est en effet là-bas que s'ouvre la troisième baie la plus profonde du Brésil, là-bas tout au bout de la péninsule et de ces 60 bornes qui m'attendent.


       Le premier jour est un pur régal, j'enfile les km pieds nus et le sac me paraît encore léger à ce moment là. Les nuages se reflètent dans l'eau qui se retire sur ces grandes et plates étendues de sable. J'ai parfois l'impression de marcher sur le ciel et celà me rappelle un vieux dicton chinois dont j'abusais volontiers dans mes copies de capeps : "Si tu vois le ciel dans l'eau, tu vois les poissons dans les arbres".... Aucune habitation à l'horizon dans cette partie de la péninsule et le vent du sud qui me pousse dans le dos est fort agréable. Il va bientôt faire nuit et si je veux me préparer mon dîner 5 étoiles "pâtes à la soupe d'oignons" j'ai plutôt intérêt à trouver de l'eau assez vite. Mon salut viendra d'une famille de Paulistas qui se repose dans sa résidence secondaire, une case hallucinante, qui me remplira ma gourde d'eau fraîche s'il vous plaît!! La nuit sera douce. Bercé par les averses de pluie qui se succèdent les unes après les autres, j'ai trouvé refuge près d'une case d'un travailleur des plantations de cocos que m'a indiquée la famille.

      Les rencontres seront plus nombreuses le lendemain et je découvre petit à petit la vie de la plage, les habitants qui se déplacent en vélo ou à moto, les pêcheurs à l'épervier, les parties de football du soir, mais apparaissent également des complexes touristiques huppés, des maisons particulières "proibido pasar, propriedad particular" avec des chiens pas gentils du tout et des barbelés partout... Je galèrerai beaucoup plus póur trouver un point de chute cette nuit là et après avoir essuyé de nombreux refus ce n'est que tard dans la nuit que je pourrai enfin planter ma tente à Taipù de Forà, dans le petit camping d'Adeus. Il a un petit resto aussi et ses trois fils lui donnent un super coup de main. Ils sont d'une gentillesse extrême.


       Le lendemain je ne résiste pas à l'envie de grimper en haut de la colline d'où on peut avoir une vue sur toute la péninsule et je finirait cette marche le jour même en ayant juste le temps de planter ma tente avant la pluie.. Geneson déconne tout le temps, il me fait découvrir du bon reggae brésilien et il n'arrête pas de bosser. Je rencontre également Angela et Pedro qui sont deux étudiants de Salvador en vacance pour ces jours fériés. Ils m'accompagnerons jusqu'à la porte de mon auberge à Salvador! Trop sympas ces deux là! Je peux enfin faire sécher tout mon barda et me lancer à la découverte de cette ville mythique qui m'a tant fait rêver et dans laquelle je me trouve aujourd´hui. Une pensée particulière pour mes potes Michel et Kathy qui auront bien contribué à renforcer ce rêve....
       Merci encore pour tous vos petits mots, ça me fait plaisir de voir que le Brésil vous plaît, j'espère que j'arriverai encore à vous faire découvrir de nombreuses facettes de ce fabuleux pays au gré de mes aventures.

Plus de photos dans la rubriaue "Marau" à gauche!
Par VV - Publié dans : Bresil 2009
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Jeudi 2 avril 2009 4 02 /04 /2009 20:11
 

 


       A l’heure de quitter cette ville, je comprends mieux pourquoi tant de gens en tombent follement amoureux. C’est qu’on n’a pas vraiment l’impression de se trouver dans une mégalopole, alors que c’en est une. La ville est construite autour des “morros”, ces petites collines caractéristiques, et zigzague allègrement entre les montagnes à la végétation luxuriante et les plages d’Ipanema, Copacabana ou Botafogo. Le Chrit Rédempteur surveille tout ça perché sur son Corcovado et le pain de sucre en fait autant de l’autre côté.

       Envie de plonger? Il n'y a qu'à prendre un bus ou le métro et on se mêle à une foule métissée et debridée. Le métissage de couleurs est plus visible ici qu’à São Paulo, en tous cas au centre de la ville. São Paulo, comme beaucoup de grandes cités, a laissé la pauvreté à sa porte et les favelas se trouvent à sa périphérie. A Rio, point de tout ça. La pauvreté la plus immense côtoie la richesse la plus énorme! Les coins de terre délaissés sur les morros sont occupés par les favelas qui s’étirent parfois à perte de vue. Et pourtant cela fonctionne. La richesse se montre, la pauvrete aussi. C’est comme une fatalité que tout le monde accepte. Un peu dur pour mon esprit d’accepter cette réalité, mais c’est comme ça.

Ce mélange des origines et des classes sociales dans Rio est aussi très propice à la création artistique et culturelle, tout comme la plage est un lieu de vie incroyable. Difficile d’imaginer les gens à la sortie du boulot qui vont se taper un petit foot de plage, mais ça se passé comme ça ici! Le culte du corps est également bel et bien présent. Les hanches se dandinent, les pectoraux se gonfflent, l’huile solaire coule à flot, caipirinhas, cocos fraîches et bières de toutes sortes sont de sortie sur les terrasses du bord de mer.

     Je déambule ainsi dans ce “gloubi boulga” de personnes et de lieux et reste scotché devant bien des tags qui ornent les quartiers de Lapa et Santa Theresa. Se promener dans ces coins est delicieux et je me prend à gribouiller quelques mots:



Ici c’est le choc

Des voix des musiques des moteurs

Sur le morro le toc toc

Du bonde (tram) qui cliquete.

A gauche à droite

A chaque fois un nouvel horizon qui s’ouvre

Favela par ci favela par là

On ne se lasse pás de sentir vraiment là.

Santa Theresa,

Une fenêtre sur le monde

Et c’est l’esprit qui vagabonde

Graffitis tags et fresques

Ici on ne passe pas on s’arrête

On s’évade on observe et on reste

3 secondes, 5, 10 minutes ou Presque.

Santa crew

Tu laisse ta trace et suscite l’audace

Des âmes vagabondes qui se prélassent

Sur les murs les bombes se lâchent

Et reflètent un réel parfois bel et bien trash...




       La qualité des écoles publiques est apparemment et de façon unanime déplorable selon tous les temoignages de Brésiliens que j’ai entendus depuis que je suis arrivé.A Rio les profs n’ont pas été payés depuis 3 mois... La priorité de “Lula” quand il est arrivé au pouvoir était de donner à manger aux gens qui mourraient de faim. Jusqu’ici, personne ne s’était occupé de ce problème qui est plus important que celui de l’éducation. Mais d’un autre côté subsite, et se développe même, un systeme éducatif non pas à deux vitesses, mais à 50 vitesses!!! L’école est une marchandise, la santé aussi. Faites votre choix! Ceux qui n’ont pas d’argent sont laissés sur le bord du chemin. Il existe des supermarchés qui ne vendent que des produits pharmaceutiques! Aucun médicament n’est gratuit. Imaginez…

       Une majorité de Brésiliens vit donc dans l’ignorance la plus grande et ne sait ni lire ni écrire. Les gouvernants se plaignent de l’insécurité et font peur aux gens pour gagner les élections en organisant des “sorties” dans les favelas à 200 ou 300 flics qui flinguent 5 ou 6 pseudos traficants, saisissent des plants de cannabis ou des labos de raffinement de coke, et montrent le tout à la télé en grandes pompes. Et le tour est joué, les problèmes de l’éducation et de la santé sont deplacés... Simpliste comme analyse, mais à mon avis très réaliste.

      Les Cariocas aiment faire la fête, les rues de Lapa se remplissent tous les vendredis soirs d’une foule immense. Pour ceux qui s’en souviennent, c’est la “rue de la soif” en puissance 50! La samba et le “funk carioca” font rugir les enceintes des voitures et après avoir connu quelques fiestas excellentes je laisse Rio sur une bien belle impression. La grande ville qui m’aura plu le plus de toutes celles que j’ai connues jusqu’ici... Ate mais...




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Par VV - Publié dans : Bresil 2009
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Lundi 23 mars 2009 1 23 /03 /2009 20:32


       Après avoir passé une nuit dans le touristique village d'Abrão je prend le départ pour une semaine minimum de marche autour d'Ilha Grande. Et dès le premier jour j'ai de la chance puisque je tombe sur un Breton, Julian, qui est lui aussi en route pour faire cette rando à l'invitation de ses amis brésiliens qu'il a rencontrés en Argentine au cours de son voyage. nous voilà donc à 7 pour une marche de 10 jours qui s'avèrera fabuleuse...
       A Ilha Grande, pas de voitures. Les gens circulent à pied ou en bateau. Les montagnes se jettent dans la mer directement et la forêt tropicale appelée ici "mata atlantica" est superbement préservée. Les premiers jours nous permettent d'apprécier la gentillesse des gens qui sont toujours prêts à nous laisser un bout de terrain pour planter nos tentes. Pourtant ici tout le monde ne roule vraiment pas sur l'or. A côté des villas luxueuses de riches Brésiliens, Argentins ou autres vivent les gens originaires de l'île. Pour eux la vie est très très chère. Ce pêcheur a par exemple commencé la construction de son bateau il y a trois ans de ça tellement les matériaux coûtent cher à ramener du continent... Pour la plupart, ils vivent de la pêche: calamars et poissons sont encore présents en quantité importante autour de l'île. Cela reste toutefois un métier à risque et la mer, comme partout ailleurs, peut beaucoup donner em même temps qu'elle peut beaucoup prendre...
       Les jeunes, aprés avoir effectué leur scolarité sur l'île, veulent partir étudier à Rio ou São Paulo et peu d'entre eux veulent reprendre l'affaire familiale. Heureusement, les débouchés existent dans le tourisme et depuis peu dans l'élevage subventionné de ... moules et de coquilles saint jacques!!! Allez comprendre... En tous cas les moules sont très bonnes on a pu en arracher aux rochers et on s'est régalé!
Au fur et a mesure de l'aventure, on a rencontré plusieurs personnages hauts en couleurs:

       Zelio, habite a Praia Longa depuis toujours. Il ne va plus à la pêche mais nous propose de rester dormir chez lui. Nous continuerons finalement motre route mais il nous montre fièrement son jardin et je retrouve là beaucoup d'arbres réunonnais. C'est vrai que l'importation sur l'île s'est faîte massivement depuis le Brésil! Jacquiers, papayers, manguiers, fruits à pain, avocatiers, cerises du Brésil,   caramboles, bananes, cocos, café, etc poussent dans tous les jardins sous un climat qui rappelle étrangement l'Est réunionnais...

       Octavio a 84 ans. Il possède un terrain d'arbres fruitiers somptueux et nous le fait fait gentillement visiter. Il fabriquait lui même le sirop de canne à sucre, la farine de manioc ou le café pour ensuite le revendre au village d'Araçatiba. En effet il était le seul à posséder le matériel nécessaire... Son atelier est magnifique, les fours et les pressoirs fleurent bon la sueur passée... Aujourd'hui, il vient tous les jours dans sa propriété avec sa femme Maria Augusta. Ils nous offrent quelques fruits bienvenus avant que nous ne reprenions notre route...

       Nous passons progresivement du côté abrité au vent au côté exposé et découvrons des paysages extraordinaires, de jour comme de nuit, sous le soleil ou sous la pluie. 3 jours de pause sur la plage d'Aventureiro nous feront le plus grand bien, le corps se repose et on recharge les accus... lorsque nous reprenons notre route, nous enchaînons par de longues plages désertes et des sentiers plus étroits. nous croiserons très peu de monde sur ces chemins qui peuvent parfois être hostiles (boue, serpents...) et l'impression de se retrouver dams un endroit hors du temps est réelle... Les bivouacs se sucèdent et nous arrivons à Dois Rios, lieu d'implantation du pénitencier qui était le plus protégé du Brésil. Ici venaient les prisoniers réputés les plus dangereux du pays. Pendant la dictature, y furent également emprisonnés tous les opposants au régime... 3000 prisonniers, soit 10 fois la population de l'île... En 1994 le nouveau gouverneur de l'Etat de Rio qui y fut emprisonné pendant 20 ans décide de le faire exploser. Ce n'est qu'ensuite que les touristes commencèrent réellement à venir su l'île. Avant ils avaient peur et on les comprend. Il n'était pas rare que des prisonniers arrivent à s'échapper de l'enceinte de la prison. Et s'ils parvenaient à semer les gardes qui les pourchassaient dans la jungle, ils pouvaient prendre en otage un pêcheur avec son  bateau pour gagner la terre ferme... L'ancien directeur de la prison nous raconte tout un tas d'histoires sur la vie à cette époque qui n'est pas si lointaine que ça...
       L'ilha Grande m'aura offert des images somptueuses et le sentiment de commencer à connaître cet autre Brésil que celui qu'on veut bien souvent nous présenter...



Plus de photos dans la rubrique "Ilha grande" à gauche!
Par VV - Publié dans : Bresil 2009
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Lundi 2 mars 2009 1 02 /03 /2009 19:44

       
       Salut à tous et bienvenue! J'avais créé ce blog il y a 1 an et demi pour faire partager le voyage de 6 mois que j'ai fait de Cuba à L'Argentine avec ma famille et mes amis. Les supers retours que j'ai eus et le plaisir que celà m'a procuré m'ont encouragés à continuer ce blog pour tenter de vous faire decouvrir le Brésil avec mon petit sac à dos et mon appareil photo. Je suis actuellement à São Paulo et vais remonter tout doucement la côte Est du pays jusqu'en Amazonie. Vous pouvez laisser votre adresse mail dans la rubrique "newsletter" et vous serez averti dès qu'un nouvel article est publié (J'ai enfin compris comment ça marchait...). N'hesitez pas à laisser des commentaires c'est toujours un plaisir de vous lire!
A bientôt!!

Par VV - Publié dans : Bresil 2009
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Samedi 6 décembre 2008 6 06 /12 /2008 19:57
     

        Ce jour là, j'arrive au stade avec mes élèves. Séance de course de durée. A la fin du cours, après avoir bien travaillé, ils vont se changer. Juste à côté du vestiaire une petite porte est ouverte. Quelques élèves jettent un oeil curieux dans cette "grotte" et s'attardent à l'intérieur. C'est là qu'ils font la connaissance de Bernard...
        Bernard exerce un métier rare: il est le peintre officiel de la ville de Saint André! Nous étions loin, même très loin de nous imaginer que derrière les affiches annonçant les différents événements culturels, sportifs et festifs de la ville il y avait un peintre en chair et en os!! Bernard explique aux enfants les rudiments de la peinture sur toile, le sens dans lequel il faut passer le pinceau, le temps d'attente entre le passage des différentes couches. L'oeuvre prend forme sous les yeux ébahis des marmailles. Nous devons rentrer au collège mais nous avons revu Bernard à chaque fois que nous sommes revenus au stade et j'avoue que j'ai été très sensible à ce personnage , qui en toute simplicité est capable d'apporter son savoir et sa sagesse à des enfants qui ne demandent qu'à être au contact de modèles comme lui. Ma curiosité m'amènera à le rencontrer plus longuement et à avoir envie de faire connaître cet artiste haut en couleurs...
        Mon interrogation est la suivante: comment se fait-il qu'en ces temps où le règne de l'individualisme prévaut de plus en plus dans la société , quelqu'un puisse avoir envie de partager son savoir et le transmettre instinctivement, sans connaître les gens qu'il a en face de lui et sans aucun a priori?
        L'histoire de Bernard et les valeurs qu'il défend expliquent un peu tout ça... C'est qu'il a bourlingué le frère! Il est parti très tôt en métropole pour y "apprendre la vie" dit-il avec philosophie. Bien des étapes se présentèrent face à lui et il n'a pas été toujours facile de les surmonter. La difficulté de la tâche fut amplifiée par le fait qu'il ait tenté cette aventure seul, ne devant compter que sur lui-même. Mais tout ce long chemin professionnel et personnel (10 ans) ne l'aura finalement rendu que plus fort. Et c'est avec un esprit apaisé et plus sûr de ses convictions qu'il revient à la Réunion il y a 25 ans de cela.
        Ses valeurs il les défend becs et ongles: la franchise, le courage, l'honnêteté. La franchise c'est pour lui de pouvoir communiquer les uns avec les autres sans se mentir. Bernard aime l'authenthicité. Le courage c'est d'aller au bout de ses idées, de ses rêves. Et l'honnêteté c'est le respect de la nature, de ses origines et de son histoire. Comme d'autres Réunionnais, Bernard constate le fossé qui est en train de se creuser entre les hauts et les bas. En bas la culture réunionnaise fout le camp constate-t-il, amère. Il se fait une devise de sensibiliser les jeunes sur leur histoire, pour savoir d'où ils viennent, pour connaître d'où ON vient. Cela nous permet de savoir où l'on va dit-il. La société de consommation est impitoyable, elle nivelle les connaissances, elle universalise le savoir. Et elle nous éloigne de la nature.
        Mais Bernard ne croit pas que les hommes n'ont aucun pouvoir sur cette évolution-là. Et c'est pour ça qu'il continue de sensibiliser les jeunes à leur pouvoir de citoyen, notamment en encadrant des ateliers de peinture murales. Son objectif est de faire passer les jeunes du graffiti, lâché à chaud et en réaction, au graff qui est l'expression artistique de ce que les jeunes ont à l'intérieur d'eux même. Conscient qu'il est un modèle pour beaucoup de jeunes, il répond toujours favorablement à leurs sollicitations lorsqu'ils lui demandent de venir  leur apprendre tous les secrets de l'utilisation des bombes le week end. C'est un peu la galère pour s'acheter des bombes de qualité et il est dommage qu'il n'ait pas plus de soutien des autorités locales. Le coût d'une bonne bombe est de deux euros, mais il faudrait les faire venir de métropole en attendant l'ouverture d'une boutique à Etang Salé. Et le budget, ça c'est le plus difficile. Pourtant on se dit qu'avec pas grand chose ces jeunes peuvent construire des montagnes.... Les souffrances que beaucoup d'entre eux portent pourraient facilement se transformer en énergie positive et constructive. Avec le graff on pourrait décorer la ville, mettre de la couleur dans Saint André, "ça aide à être heureux mon pote!" me lance-t-il. Et cela nous aiderait sûrement tous à mieux apprécier notre ville dont l'état des murs laisse souvent à désirer... Imaginez tous les murs de Saint André recouverts de fresques colorées! A méditer...
        Merci Monsieur l'artiste en tous cas pour cet entretien et surtout respect, man!!!


 
Par VV - Publié dans : La Réunion
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Mardi 11 novembre 2008 2 11 /11 /2008 11:08
 
       Cela fait maintenant deux bons mois que j'ai quitté la Bolivie. Et pourtant l'image de cette femme assise dans sa voiture avec son bébé, alors qu'une manifestation d'enseignants pour avoir droit à leur retraite passe ses à côtés, me hante. Avais-je le droit de prendre cette photo? N'ai-je pas volé un moment de sa vie? Prendre une photo comme celle-ci me pose un problème de conscience. Je n'avais jamais pris de cliché comme celui-ci, et pourtant je l'ai bien prise cette photo. Pourquoi? J'ai senti que ce qui se passait sous mes yeux avait une signification, permettait de comprendre un peu mieux la problématique qui régnait dans l'air bolivien à cette période. C'est pour cela que je la diffuse aujourd'hui. Chacun pourra se demander éternellement à quoi pensais cette femme à ce moment là, elle seule le savait...




        Août 2008. Dans moins d'une semaine ont lieu des élections cruciales pour le pays. Le président du pays, Evo MORALES, a cédé à la pression des préfets de régions de l'opposition et organise un "référendum révocatoire". Deux scrutins ont lieu. Le premier décidera du maintien ou non du Président à son poste, le second décidera du sort des préfets de région. C'est un vote de confiance renouvelée...........ou pas.


        Avec Eric nous sommes à Sucre et nous sentons bien que l'ambiance y est totalement différente de celle rencontrée sur l'altiplano. Ici s'affichent non seulement le drapeau bolivien pour les fêtes patriotiques qui se déroulent actuellement, mais également le drapeau de la province du Chuquisaca. Il ne s'agit pas d'une opposition entre indigènes de l'altiplano et colons blancs (cela est en revanche beaucoup plus vrai dans la province de Santa Cruz plus à l'Est). Car Sucre est une ville peuplée en majorité d'indigènes. Mais pourquoi les gens s'opposent-ils alors? Les habitants de Sucre ont l'impression que les habitants des hauts plateaux profitent d'eux. La politique du Président depuis qu'il est arrivé au pouvoir est axée prioritairement vers les campagnes pour palier au déficit d'équipements de base: eau, électricité, routes, éducation, santé. Pendant ce temps là le développement des villes est freiné car il n'y a pas assez de recettes pour financer à la fois le développement des campagnes et celui des villes... A l'image d'une Amérique latine où les avis n'hésitent pas à verser dans l'extrême, la Bolivie est aujourd'hui déchirée entre des gens qui n'avaient rien et auxquels on commencent juste à s'intéresser, et des gens qui aspirent à avoir plus que le minimum vital qu'ils ont déjà. Bien sûr les situations et les avis individuels ne se limitent pas à ces deux seuls "camps"! Cette femme sur la photo, les manifestants qui défilent, chacun possède son propre avis et sa propre analyse. Surfent sur la vague les 5% de la population qui possèdent 80 % des richesses... Ceux-là je ne les croise jamais!

     
        Chacun voit midi à sa porte, mais les corporatismes restent puissants. Hier ce sont deux mineurs qui ont été tués par l'armée lors de manifestations anti-gouvernementales. comment se passeront les élections dimanche prochain? En quittant le pays et en arrivant au Brésil, nous n'espérons qu'une chose avec Eric, c'est que les tensions s'apaisent et que la solidarité entre Boliviens se crée.... J'était ici il y a cinq ans. Aujourd'hui le pays est véritablement en chantier. Les poteaux électriques sont dressés à la hâte, les routes s'asphaltent, il n'y a plus autant d'enfants qui travaillent dans la rue. Ces investissements se font en grande partie grâce à l'argent qui provient de la nationalisation des ressources naturelles (gaz, réserves minières...) jusqu'ici détenues par des investisseurs étrangers. La Bolivie grandit et s'affirme, il y a des crises comme dans toute évolution mais il y a aussi beaucoup d'espoir pour que les gens retrouvent un sourire qui leur va beaucoup mieux que l'angoisse profonde de l'avenir qui règne actuellement...


       Cette femme en parlerait sûrement bien mieux que moi et bien plus longtemps. Mais dans son regard se sentent déjà beaucoup d'émotions qui traversent la Bolivie et ses habitants jour après jour...
Par VV - Publié dans : Bolivie
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